Les surfaces antibactériennes et les produits de nettoyage

methodes de nettoyage en laboratoire et usine agroalimentaire

Lorsqu’on utilise des revêtements et des surfaces possédant des propriétés antibactériennes en hôpitaux, salles propres, et aussi dans les environnements type cuisines professionnelles ou agroalimentaires, il faut se pencher sur l’utilisation correcte des produits de nettoyage adaptés et compatibles à ceux-ci. Petit tour d’horizon des problématiques liées au nettoyage des surfaces à propriétés antibactériennes

Nettoyer des surfaces antibactériennes ? Indispensable !

Il pourrait être tentant de se dire que les surfaces antibactériennes permettent d’occulter le nettoyage, car elles « s’auto-lavent ». C’est faux, en effet, une opération de nettoyage comprend toujours deux phases : le nettoyage à proprement parler, qui consiste à utiliser un détergent pour retirer les salissures (produits organiques, poudres, etc), puis après rinçage, application d’un désinfectant, qui va finir d’éliminer les bactéries, virus et champignons qui seraient restés après le nettoyage. C’est seulement après ces deux opérations qu’on considère qu’une surface est propre.

Les surfaces antibactériennes, si elles permettent de limiter la présence de germes, ne constituent pas un remplacement de l’étape de désinfection. En effet, si on considère qu’une surface est biocide à partir d’une réduction bactérienne de 2 log en une heure (c’est-à-dire une réduction par 100 du nombre de bactéries vivantes présentes sur la surface) selon la nouvelle norme NF S90-700, la désinfection requière au moins une réduction de 5 log (réduction par 100000) en 10 minutes (norme NF EN 1040). Les échelles sont donc très différentes, et la désinfection reste indispensable pour conserver des surfaces propres.

L’étape de détergence est aussi cruciale, car une surface désinfectée mais non nettoyée verra sa population bactérienne augmenter bien plus rapidement que sur une surface propre : Les salissures, notamment organiques constituent une réserve de nourriture pour les germes, et des points d’ancrage privilégiés. De plus, si la surface bactéricide tue les germes, les bactéries mortes constituent elles aussi des débris à retirer. Enfin, un produit désinfectant appliqué sur une surface sale ne va pas toucher toutes les bactéries, qui seront protégées de l’action chimique sous la couche de salissure.

Compatibilité entre produits de nettoyage et action antibactérienne

Attention aussi à vérifier que les produits de nettoyages utilisés ne vont pas altérer les propriétés antibactériennes d’une surface. Par exemple, si une surface est extrêmement lisse, et de ce fait limite l’accroche bactérienne, utiliser des produits très agressifs peut entrainer une altération de l’état de surface, et une perte de ses propriétés antibactériennes. Dans le cas des surfaces à base de métaux (cuivre, zinc…) antibactériens, les produits de nettoyage devront être choisis de façon à ne pas provoquer la passivation des surfaces, qui bloquerait le transfert des ions métalliques responsables des propriétés biocides.

Vérifier et adapter

En conclusion, il convient de s’assurer de la compatibilité des produits de nettoyage utilisés avec les surfaces, en consultant les fiches techniques de ces dernières. De même, même si une adaptation des protocoles de nettoyage peut être possible pour en réduire par exemple la fréquence, il sera toujours indispensable de réaliser des nettoyages et désinfections réguliers, afin de garantir la propreté des surfaces concernées.

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