Le bactériostatique

bonnes ou mauvaises bactéries

Nous avons longuement abordé le sujet des surfaces antibactériennes et surtout bactéricides. La notion d’antibactérien regroupe pourtant également les substances et surfaces bactériostatiques, qui ont des propriétés bien particulières, que nous allons évoquer dans l’article suivant.

Bactériostatique : une sous-catégorie des antibactériens

Les produits antibactériens regroupent deux sous-ensembles de substances : on trouve tout d’abord les substances bactéricides, qui tuent les bactéries. Plusieurs normes sont utilisées pour quantifier l’effet bactéricide d’un produit ou d’une surface : les normes NF EN 13697 et NF EN 13727 concernant les produits désinfectants, et la nouvelle norme NF EN S90-700 pour les surfaces présentant une activité bactéricide. Ces normes définissent à partir de combien de bactéries tuées et au bout de combien de temps on peut attribuer une propriété bactéricide à ces produits et surfaces.

L’autre sous-catégorie regroupe les produits et surfaces bactériostatiques : ceux-ci ne tuent pas les bactéries (ou bien dans un nombre moins important que pour les produits biocides), mais empêchent celles-ci de se développer, limitent leur multiplication et peuvent empêcher l’apparition des biofilms : On parle alors d’inhibition de la multiplication bactérienne.

Comment bloquer la croissance bactérienne ?

Les produits et surfaces bactériostatiques peuvent agir de différentes façons pour inhiber la multiplication bactérienne : les principes actifs peuvent pénétrer les parois cellulaires et altérer les fonctions de reproduction de la bactérie, ou son fonctionnement. Ces produits peuvent être des antibiotiques (utiles pour lutter contre les bactéries à l’intérieur du corps) ou des antiseptiques (qui servent à réduire la présence bactérienne sur la peau, ou dans les plaies). Des surfaces (plastiques ou autres) peuvent aussi contenir des produits bactériostatiques pour limiter la multiplication bactérienne sur les plans de travail, les poignées de porte, les murs etc.

Pour qualifier une surface de bactériostatique, on peut aussi lui donner des propriétés d’anti-adhérence : si une bactérie se trouve sur une surface sur laquelle elle n’arrive pas à adhérer, à cause d’une hyper-hydrophobicité ou bien d’une surface extrêmement lisse par exemple, elle sera dans un environnement non-favorable à son développement et va se multiplier de manière bien moins importante que sur une surface adaptée à sa reproduction.

L’utilité du bactériostatique :

Alors qu’on possède tout un panel de substances très efficaces pour tuer les bactéries, on peut se demander quel serait l’intérêt de simplement diminuer leur multiplication. Concernant les surfaces, il apparait qu’aux endroits les plus sensibles, les surfaces biocides sont bien sur les plus utiles, que ce soit sur des poignées de portes, ou des zones où les contaminations manuportées sont les plus fréquentes. Cela dit, les surfaces murales par exemple ne peuvent pas être traitées efficacement dans leur ensemble, pour une question de prix notamment, et il est intéressant d’envisager des alternatives bactériostatiques moins chères, et qui permettront de compléter « l’arsenal anti-contamination » d’un local à hygiène contrôlée.

Une norme adaptée au bactériostatique :

A ce jour, il n’existe pas de norme similaire à celle existant pour les surfaces bactéricides, spécialisée dans les surfaces bactériostatiques. Il serait intéressant d’en lancer le chantier, afin de pouvoir caractériser les propriétés bactériostatiques de celles-ci, et d’améliorer les chances pour un établissement de lutter contre les contaminations en choisissant des surfaces permettant de limiter la multiplication bactérienne.

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