5 règles essentielles pour le nettoyage d’une salle blanche

Les salles blanches sont présentes dans de nombreuses industries comme la santé, la chimie fine, les biotechnologies, l’aéronautique ou encore la microélectronique. Le nettoyage d’une salle blanche est essentiel pour maintenir des conditions de production optimales. En effet, les salles blanches sont des environnements très réglementés. Le process de nettoyage doit être contrôlé, maîtrisé, et est tenu à une obligation de résultat. Nous vous proposons dans cet article, 5 règles essentielles pour maîtriser le processus de nettoyage de votre salle blanche.

1- Former les opérateurs au travail en salle blanche :

Le nettoyage d’une salle blanche est une activité complexe nécessitant un niveau de formation avancé. Effectivement, il convient de s’assurer que les opérateurs ont acquis toutes les connaissances nécessaires pour travailler en Z.A.C. (zone à atmosphère contrôlée)

  • La réglementation en salle propre
  • Le comportement en salle propre
  • Les procédures standards d’entrée et de sortie
  • Les procédures standards de nettoyage et de décontamination

Tout d’abord, les opérateurs de nettoyage doivent comprendre les concepts de maîtrise de la contamination en salle propre. Aussi, ils doivent être capables d’appréhender leur travail dans cet environnement et d’en comprendre la finalité.

Chaque activité en salle blanche nécessite d’établir des procédures spécifiques. C’est pourquoi, l’opérateur de nettoyage doit être capable d’adapter son travail sur la base des connaissances acquises pendant sa formation.

2- Identifier les procédures d’entrée en zone :

Les procédures d’entrée et de sortie du personnel en Z.A.C. sont déjà établies pour l’activité courante. Néanmoins, il faut déterminer si la procédure est applicable pour les opérateurs de nettoyage. L’activité de nettoyage présente le plus souvent peu de similitude avec l’activité courante de la salle propre. Il peut être nécessaire d’adapter l’habillage (E.P.I.) et la procédure associée.

Concernant l’entrée et la sortie du matériel, il est préférable d’équiper chaque salle d’équipements dédiés à l’activité de nettoyage. Dans le cas contraire, l’entrée du matériel en zone se fait par le sas matériel et fait l’objet d’une décontamination minutieuse. Cet aspect ne doit pas être négligé, le matériel de nettoyage peut être à l’origine d’une contamination croisée. Si toutefois le nettoyage est réalisé par une société extérieure, il convient de vérifier les procédures de décontamination du matériel mises en place par le prestataire.

3- Choisir du matériel et des produits adaptés :

Les équipements doivent être choisis pour leurs caractéristiques de nettoyabilité et de résistance aux produits détergents et désinfectants. Par exemple, les équipements en inox sont notamment plus adaptés à un environnement salle blanche. Les balais en bois ou balais à poils sont, par exemple, à exclure. Les aspirateurs doivent être équipés de filtres absolus afin d’éviter les relargages dans l’environnement. Aussi, il est indispensable d’utiliser des tissus d’essayage adaptés qui présentent un faible niveau de relargage particulaire. Enfin, des consommables stériles sont à envisager pour les activités dont les contraintes microbiologiques sont élevées. 

Concernant les produits utilisés, plusieurs éléments sont à considérer. Des tests préalables peuvent être réalisés sur des zones restreintes pour valider la compatibilité des produits avec les surfaces. Il est courant d’utiliser des désinfectants à large spectre (efficace sur la plupart des microorganismes). Des désinfectants plus spécifiques peuvent être envisagés pour les microorganismes résistants aux désinfectants classiques. Enfin, il est important d’intégrer une alternance des produits désinfectants dans le plan de nettoyage de la salle propre. Malheureusement, les microorganismes s’adaptent rapidement aux produits désinfectants et peuvent former des souches résistantes.

4- Respecter l’ordre et le sens des passages :

Une règle essentielle lorsque l’on intervient dans une Z.A.C. est de toujours commencer le nettoyage des classes les plus élevées vers les classes les moins élevées. Effectivement, cette approche permet d’éviter la contamination des salles de classe élevée. Dans le même esprit, il faut toujours commencer par le nettoyage de la salle blanche pour finir par les sas.

Dans le cadre d’un nettoyage complet de la salle blanche ou d’une mise à blanc (voir lien sur définition https://www.hygiatech-services.com/mise-a-blanc/), il convient de commencer par les parties hautes de la salle (plafonds, cloisons) pour finir par les parties basses (le mobilier puis les sols). En effet, cette approche permet d’éviter la contamination des parties basses par les parties hautes.

5- Désinfecter des surfaces propres :

La désinfection d’une surface est efficace uniquement si cette surface est propre. Effectivement, un produit désinfectant ne pourra pas agir correctement sur les microorganismes d’une surface souillée. Cependant, avant d’utiliser un produit désinfectant, il est important de consulter sa fiche technique car plusieurs paramètres peuvent influencer sur son efficacité. C’est pourquoi, le respect des temps de contact est essentiel pour assurer une désinfection optimale.

L’entretien et le nettoyage d’une salle blanche nécessitent une grande rigueur. La formation d’un biofilm bactérien intervient sous 24 à 48h et peut avoir des conséquences catastrophiques sur l’activité d’une salle propre. Il convient de mettre en place un process efficace et régulier pour éliminer les risques de contamination (plan de nettoyage et désinfection documenté).

Auteur de l’article

Julien OSTAPTCHOUK

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